
Rédigé par Jean-Georges NANOT, le 13 mai 2026
Sommaire
- Cartographie des risques géopolitiques en 2026
- Ce que couvre et ce qu’exclut une police d’assurance standard
- Construire une couverture spécifique pour zones sensibles
- Gouvernance de crise et coordination courtier
- Conclusion : la géopolitique est devenue un sujet de COMEX permanent
- Cas-type : une ETI française face au choc Mer Rouge
- Questions fréquentes
Introduction
Selon l’édition 2025 du Allianz Risk Barometer, les “événements politiques et violences” figurent pour la première fois dans le top 5 des risques majeurs des entreprises européennes, derrière le cyber, les pertes d’exploitation, les risques climatiques et les évolutions réglementaires. Les conflits actifs au Moyen-Orient, en Ukraine, au Sahel, et les tensions accrues en mer de Chine méridionale, à Taïwan et dans plusieurs zones africaines, ne sont plus des sujets diplomatiques distants. Ils impactent directement les contrats, les actifs et les collaborateurs des ETI françaises.
L’assurance face aux risques de guerre s’est transformée en cinq ans. Le marché s’est durci (war exclusion plus stricte sur de nombreuses polices), s’est spécialisé (polices PVT, TDI dédiées), et s’est repolitisé (sanctions clause OFAC omniprésente). CBE Consulting accompagne les ETI françaises et les filiales internationales dans la cartographie de leurs expositions géopolitiques et la structuration de couvertures adaptées. Cet article décrit la cartographie 2026, les couvertures disponibles, leur articulation avec les polices standards, et la gouvernance de crise associée.
Article mis à jour trimestriellement pour suivre l’évolution géopolitique.
1. Cartographie des risques géopolitiques en 2026
Conflits actifs et zones grises
Quatre théâtres principaux structurent la cartographie 2026.
Le théâtre Moyen-Orient : conflits actifs en Israël et dans plusieurs pays voisins, instabilité au Yémen avec impact sur les routes maritimes en Mer Rouge, tensions Iran-Arabie saoudite, instabilité chronique au Liban et en Syrie. L’impact sur les entreprises françaises est concret : surcoûts logistiques par contournement du canal de Suez, hausse des primes maritimes war risk, fermetures d’activités, évacuation de personnels. Notre article dédié à la guerre au Moyen-Orient détaille les impacts par secteur.
Le théâtre Europe de l’Est : conflit russo-ukrainien actif, tensions accrues sur les pays Baltes et la Pologne, sanctions UE consolidées. Les entreprises françaises encore présentes en Russie subissent un régime de sanctions strict ; les filiales ukrainiennes opèrent en zone de guerre avec exclusions assurantielles totales sur certaines régions.
Le théâtre Sahel et Afrique : retrait des forces françaises, montée du terrorisme djihadiste, instabilité chronique au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Soudan. La sécurité des collaborateurs et des actifs y est compromise. La couverture Kidnap & Ransom y est devenue indispensable.
Le théâtre Asie-Pacifique : tensions sur Taïwan, mer de Chine méridionale, péninsule coréenne. Pour les ETI exportatrices vers ces zones, le risque de blocage logistique soudain et de sanctions américaines extraterritoriales s’est accentué.
Au-delà des conflits ouverts, les zones grises (Caucase, Asie centrale, Sahel, certaines régions latino-américaines) génèrent une instabilité chronique qui affecte les contrats et la sécurité.
Conséquences indirectes : énergie, supply chain, change
Même sans présence directe en zone de conflit, les entreprises françaises subissent des conséquences indirectes :
- Volatilité des prix de l’énergie : pétrole, gaz, électricité. Une ETI industrielle française a vu sa facture énergétique varier de 30 à 80 % entre 2021 et 2023.
- Ruptures supply chain : blocages logistiques (Mer Rouge), sanctions impactant des fournisseurs critiques (semi-conducteurs Chine-Taïwan), pénuries de matières premières (terres rares, métaux stratégiques).
- Volatilité du change : dépréciation locale de devises (livre turque, peso argentin, naira nigérian), risques de blocage de fonds, restrictions de change.
- Risque cyber étatique : les attaques cyber attribuées à des États sont en hausse, créant une nouvelle interaction avec la war exclusion des polices cyber. Notre guide sur l’assurance cyber détaille cette dimension.
- Risque réputation et boycotts : pression sociétale sur les entreprises maintenant une activité dans certaines géographies sensibles.
Cartographier ces conséquences indirectes est aussi important que cartographier les expositions directes : un fournisseur Tier 2 en zone à risque peut paralyser une production française sans présence directe.
Évolution du marché de l’assurance war risk
Le marché de l’assurance face aux risques de guerre a évolué rapidement depuis 2020. Trois tendances :
Restriction de la couverture standard : la war exclusion s’est durcie dans les polices DAB, RC, transport, cyber. Les attaques attribuées à un État, les actes de guerre déclarée ou non déclarée, les conflits armés sont systématiquement exclus.
Spécialisation des polices dédiées : les polices PVT (Political Violence Terrorism), TDI (Trade Disruption Insurance), CONFISC (confiscation, nationalisation, expropriation) se sont raffinées. Les capacités du marché de Londres restent limitées mais opérationnelles pour les ETI bien préparées.
Sanctions clause omniprésente : toutes les polices incluent désormais une clause excluant le paiement à un bénéficiaire figurant sur une liste de sanctions (OFAC SDN List, sanctions UE, ONU). Cette clause s’applique aux indemnisations et au paiement de rançons.
2. Ce que couvre et ce qu’exclut une police d’assurance standard
Clauses d’exclusion guerre, terrorisme, NCBR
Toutes les polices d’assurance standard (DAB, RC, transport, cyber) incluent des clauses d’exclusion liées au risque de guerre. Trois grandes familles :
Exclusion guerre (war exclusion) : exclut les dommages résultant d’un état de guerre déclaré ou non déclaré, d’une invasion, d’une guerre civile, d’une révolution, d’une insurrection, d’un acte de pouvoir militaire. Cette exclusion est large et son interprétation a été précisée par plusieurs jurisprudences récentes (notamment Merck v. ACE 2022 sur le cyber et Mondelez v. Zurich 2023).
Exclusion terrorisme : exclut les dommages résultant d’actes terroristes. Certaines polices rachètent partiellement cette exclusion en France via la GAREAT (Gestion de l’Assurance et de la Réassurance des risques Attentats et actes de Terrorisme), avec des plafonds limités.
Exclusion NCBR : exclut les dommages résultant d’événements nucléaires, chimiques, biologiques, radiologiques. Cette exclusion est quasi-universelle et non-rachetable sur les polices standards.
Le marché des war risks insurance
Au-delà des polices standards, le marché des war risks propose des couvertures spécifiques. Trois centres principaux :
- Le marché de Londres (Lloyd’s) : centre historique mondial des war risks, particulièrement actif sur le maritime, l’aérien, et les actifs en zones à risque. Le Joint War Committee publie une liste actualisée des zones de guerre (Hull Listed Areas) qui sert de référence mondiale.
- Les assureurs spécialisés européens : Zurich, AXA XL, AIG, Munich Re, Allianz proposent des couvertures sur les segments PVT, TDI, K&R, expropriation.
- Les bureaux d’État (BPI Assurance Export en France pour le risque commercial export, son équivalent UK Export Finance, ou US Exim Bank) couvrent certains risques politiques sur les contrats export.
Le coût d’une couverture war risk varie fortement selon la zone et le type d’actif. Quelques ordres de grandeur 2026 :
- Transport maritime via Mer Rouge : surprime war risk de 0,5 à 2 % de la valeur de cargaison
- Actifs immobiliers en zone à risque modéré (Liban hors Sud, certains pays d’Afrique de l’Ouest) : 1 à 3 % de la valeur assurée
- Actifs en zone à risque élevé (Ukraine, Yémen, Soudan) : 5 à 15 % ou refus de couverture
Sanctions et embargos : effet sur les contrats existants
Les sanctions internationales (UE, OFAC, ONU) ont un effet direct sur les contrats d’assurance en cours. Trois mécanismes :
Sanctions clause : présente dans tous les contrats modernes, elle suspend les obligations de l’assureur en cas de violation des sanctions. Si un sinistre survient sur une opération sanctionnée, l’assureur peut refuser l’indemnisation.
Effet rétroactif limité : les contrats émis avant l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions peuvent rester opérants sous conditions, mais le renouvellement intégrera nécessairement les nouvelles sanctions. Une vigilance contractuelle s’impose à chaque renouvellement.
Risque pénal du dirigeant : maintenir une activité sanctionnée expose non seulement l’entreprise mais aussi son dirigeant à des sanctions pénales (amendes, peines d’emprisonnement). L’assurance D&O ne couvre généralement pas les amendes pénales personnelles. Notre article sur les sanctions et embargos détaille ces mécanismes.
3. Construire une couverture spécifique pour zones sensibles
Polices PVT (Political Violence Terrorism)
La police PVT couvre les dommages aux biens et les pertes d’exploitation résultant de violences politiques : terrorisme, sabotage, émeutes, troubles civils, mutinerie, coup d’État, guerre déclarée ou non déclarée. Elle vient en complément ou en remplacement de la GAREAT française pour les ETI internationales.
Caractéristiques typiques :
- Plafonds de 1 à 50 M€ selon la taille de l’entreprise
- Franchise de 25 à 250 K€
- Périmètre géographique précisé (liste de pays couverts, exclus, ou surprimés)
- Période d’indemnisation pour les pertes d’exploitation : 12 à 24 mois
- Coût annuel : 0,2 à 2 % de la valeur des actifs assurés selon la zone
Pour les ETI avec des sites industriels ou commerciaux dans des zones à risque modéré (Maghreb, Afrique de l’Ouest hors zone djihadiste, certains pays d’Amérique latine, Caucase), la PVT est devenue un standard.
Trade Disruption Insurance (TDI)
La TDI couvre les pertes financières résultant d’une interruption ou d’une perturbation de la chaîne logistique internationale due à un événement politique ou de violence. Elle se déclenche notamment :
- Quand un port est bloqué par une crise géopolitique (cas de la Mer Rouge 2024-2026)
- Quand une frontière est fermée pour raisons politiques
- Quand une zone est déclarée non navigable par le Lloyd’s Joint War Committee
- Quand un fournisseur clé est paralysé par un événement politique
La TDI couvre les surcoûts logistiques (réacheminement, urgences) et les pertes d’exploitation liées au retard ou à l’impossibilité de livrer. C’est une couverture émergente, encore peu connue des ETI françaises, mais qui a démontré sa pertinence sur la crise Mer Rouge.
Kidnap & Ransom et sécurité personnelle
Pour les collaborateurs envoyés en zones sensibles, la couverture Kidnap & Ransom (K&R) est indispensable. Elle couvre l’enlèvement, l’extorsion, la prise d’otage, l’évacuation d’urgence. Une police K&R sérieuse inclut un retainer auprès d’un security responder (Control Risks, NYA, Constellis) qui prend la main en cas d’incident.
Notre article dédié au Kidnap & Ransom détaille les coûts, les exclusions, et la mécanique opérationnelle.
Coordination avec les couvertures standards
L’architecture complète d’une couverture face aux risques de guerre articule plusieurs polices :
| Garantie | Couvre quoi | Police adaptée |
|---|---|---|
| Dommages aux biens en zone calme | Incendie, dégâts, vol classique | DAB standard |
| Dommages aux biens en zone à risque | Sabotage, émeute, terrorisme, guerre | PVT |
| Perte d’exploitation locale | Arrêt suite événement assuré | DAB standard + PE |
| Perte d’exploitation par rupture logistique politique | Blocage frontière, port, route | TDI |
| Collaborateurs en mission | Assistance médicale, rapatriement | Police voyage entreprise |
| Enlèvement, extorsion collaborateurs | Négociation, rançon, évacuation | K&R |
| Confiscation, expropriation, nationalisation | Saisie d’actifs par l’État local | CONFISC |
| Indemnisation contractuelle export | Défaut paiement risque politique | Coface, BPI, assurance-crédit privée |
Cette architecture se conçoit globalement, pas police par police. Le rôle du courtier-conseil est précisément d’orchestrer l’ensemble pour éviter les angles morts et les doubles couvertures.
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4. Gouvernance de crise et coordination courtier
Plan de continuité d’activité (PCA)
Toute couverture assurantielle face aux risques de guerre suppose un plan de continuité d’activité documenté. Le PCA recense les processus critiques, identifie les sites et fournisseurs alternatifs, formalise les procédures d’évacuation, prévoit les modes opératoires dégradés.
Sans PCA, la police PVT ou TDI couvre financièrement le sinistre mais ne permet pas d’éviter l’arrêt opérationnel prolongé. Le PCA est l’outil de prévention qui réduit aussi la franchise temps de la police.
Les ETI matures intègrent leur PCA dans une démarche ISO 22301. Le courtier-conseil peut accompagner cette mise en place ou faire l’audit du PCA existant.
Coordination courtier et cellule de crise
En cas de crise géopolitique active (déclenchement d’un conflit, sanctions soudaines, attentat majeur), la cellule de crise interne (DG, DAF, juridique, communication, RH, sécurité) doit pouvoir s’appuyer sur le courtier-conseil en temps réel. Trois engagements à formaliser dans le mandat de courtage :
- Disponibilité 24/7 du référent courtier pour les crises géopolitiques
- Activation immédiate des polices spécifiques (PVT, TDI, K&R) avec mobilisation des prestataires (security responder, expert d’assuré, négociateur)
- Coordination avec les autorités : Quai d’Orsay, ambassades, autorités locales, autorités françaises
Le courtier-conseil joue le rôle de bras armé opérationnel de la cellule de crise sur les sujets assurance et sécurité.
Reporting groupe en temps de crise
En période de crise prolongée (comme la crise Mer Rouge ou le conflit ukrainien), un reporting spécifique est mis en place :
- Bilan hebdomadaire ou bimensuel selon l’intensité
- Suivi des sinistres en cours et des indemnisations attendues
- Veille géopolitique (zones à risque modifiées, nouvelles sanctions)
- Adaptation des couvertures (extensions, exclusions temporaires)
- Coordination avec les filiales locales
Ce reporting alimente directement les décisions du COMEX et du conseil d’administration. La gestion de crise géopolitique est devenue un sujet d’agenda permanent pour les directions d’ETI internationales. Pour l’articulation complète avec l’audit des risques et le programme international d’assurance, consultez les piliers dédiés.
5. Conclusion : la géopolitique est devenue un sujet de COMEX permanent
Le contexte géopolitique 2026 n’est plus un environnement stable interrompu par des crises ponctuelles. C’est désormais un environnement de crises permanentes qui se chevauchent : Moyen-Orient, Ukraine, Sahel, tensions Asie-Pacifique. Pour les ETI françaises à exposition internationale, le risque géopolitique est entré dans le top 5 des risques majeurs et y restera durablement. La couverture assurantielle adaptée combine polices standards renforcées, PVT, TDI, K&R, et un dispositif de gouvernance de crise pour transformer la couverture financière en résilience opérationnelle. Pour engager un diagnostic personnalisé de votre exposition géopolitique, contactez les équipes CBE Consulting via la page contact. Vous pouvez aussi consulter nos domaines d’intervention pour les spécificités sectorielles.
6. Cas-type : une ETI française face au choc Mer Rouge
Contexte : ETI française de l’électroménager (CA 195 M€, sourcing 60 % en Asie, distribution Europe). En décembre 2023, les attaques Houthis en Mer Rouge entraînent le contournement du canal de Suez par le cap de Bonne-Espérance, soit 10 à 14 jours de transit supplémentaire et 15 à 50 % de surcoût de fret.
Impact opérationnel en 2024 :
- Retards de livraison clients : pénalités contractuelles 280 K€ sur 8 mois
- Surcoûts de fret : 1,2 M€ sur l’année
- Constitution de stocks tampons : impact trésorerie 850 K€
- Réorientation partielle vers fret aérien d’urgence pour 3 références critiques : 195 K€
- Total impact direct : 2,5 M€
Couverture mobilisée :
- Police DAB standard avec extension transport : ne couvre pas les surcoûts logistiques liés à une situation de guerre (war exclusion)
- Pas de TDI souscrite avant 2024 : 0 M€ d’indemnisation sur les retards et surcoûts
- Police marine cargo : war risk insurance souscrite via le Lloyd’s, surprime activée mais ne couvre que les dommages aux marchandises (zéro sinistre matériel), pas les pertes d’exploitation
Préjudice non couvert : 2,5 M€
Refonte mise en place début 2025 :
- Souscription d’une TDI auprès d’un syndicat Lloyd’s, plafond 1,5 M€ sur 12 mois, prime annuelle 95 K€
- Augmentation des stocks de sécurité sur 8 références critiques (impact trésorerie permanent 600 K€)
- Diversification du sourcing : ajout d’un fournisseur Maroc et d’un fournisseur Pologne pour réduire la dépendance Asie
Bilan 2025 : la crise Mer Rouge se prolonge. Le coût supplémentaire est ramené à 1,1 M€ (-56 %), dont 600 K€ indemnisés via la TDI (après franchise temps et franchise sinistre). Préjudice net : 500 K€ vs 2,5 M€ l’année précédente. ROI de la refonte : -1 M€ d’économie nette sur 12 mois.
Enseignement : l’absence de TDI a coûté 2,5 M€ à l’entreprise en 2024. Aucune police standard ne couvrait le risque “blocage logistique politique”. L’analyse rétrospective montre que la TDI était mentionnée dans deux audits successifs comme recommandation, sans suite donnée. La prise en compte précoce des risques géopolitiques est devenue un acte de gouvernance financière.
Profil consolidé à partir des publications professionnelles 2024-2025 sur la crise Mer Rouge et de retours d’expérience AMRAE.
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7. Questions fréquentes
Une police d’assurance standard couvre-t-elle les conséquences d’une guerre ? Non, dans la majorité des cas. Toutes les polices standards (DAB, RC, transport, cyber) incluent une war exclusion qui exclut les dommages résultant d’un état de guerre déclaré ou non déclaré, d’une invasion, d’une guerre civile, d’une révolution, d’une insurrection, d’un acte de pouvoir militaire. La couverture des risques de guerre requiert des polices spécifiques : PVT (Political Violence Terrorism), TDI (Trade Disruption Insurance), K&R (Kidnap & Ransom), CONFISC pour la confiscation et l’expropriation.
Quelle différence entre une police PVT et une police TDI ? La PVT (Political Violence Terrorism) couvre les dommages aux biens et les pertes d’exploitation locales résultant de violences politiques : terrorisme, sabotage, émeutes, troubles civils, coup d’État. Elle protège les actifs physiques. La TDI (Trade Disruption Insurance) couvre les pertes financières résultant d’une interruption de la chaîne logistique internationale due à un événement politique : blocage de port, fermeture de frontière, zone déclarée non navigable. Elle protège les flux. Les deux sont complémentaires pour une ETI exportatrice avec actifs internationaux.
Combien coûte une assurance war risk pour une PME ou ETI française ? Le coût varie fortement selon la zone et le type d’actif. Pour une PME-ETI : transport maritime via Mer Rouge avec surprime war risk de 0,5 à 2 % de la valeur de cargaison ; actifs immobiliers en zone à risque modéré (1 à 3 % de la valeur assurée par an) ; actifs en zone à risque élevé (5 à 15 % ou refus de couverture). Pour une couverture PVT complète sur 1 à 3 sites en zones modérées, ordre de grandeur 25 à 80 K€ par an pour une ETI. Pour une TDI, 50 à 150 K€ selon les flux et les plafonds.
Qu’est-ce que la sanctions clause OFAC et comment l’éviter ? La sanctions clause est présente dans toutes les polices d’assurance modernes. Elle suspend les obligations de l’assureur en cas de violation des sanctions internationales (OFAC SDN List, sanctions UE, ONU). Concrètement : si un sinistre concerne une opération avec une entité sanctionnée, l’assureur peut refuser l’indemnisation. Si un paiement de rançon doit aller à un bénéficiaire sanctionné, le paiement est illégal et non couvert. Pour l’éviter : vérification systématique des cocontractants vs listes de sanctions, mise en place d’un programme de compliance international, monitoring continu des évolutions.
Mes filiales en Russie sont-elles encore assurables ? La couverture des actifs et opérations en Russie est devenue très restreinte depuis 2022. Les assureurs européens et nord-américains ont massivement réduit ou cessé leur appétit pour ce marché. La couverture résiduelle passe principalement par des assureurs locaux russes (avec limitations de capacité et exclusions politiques majeures) ou par le marché de Londres avec des conditions très restrictives. Pour les ETI françaises avec présence résiduelle en Russie, la stratégie typique est désormais l’auto-financement de la sinistralité courante avec un transfert vers le marché de Londres uniquement pour les sinistres catastrophiques.
Comment couvrir le risque géopolitique d’une exportation vers un pays sensible ? Trois mécanismes complémentaires. Premièrement, l’assurance-crédit export couvre le risque commercial et politique sur les créances : Coface pour les volets garanties d’État, Allianz Trade ou Atradius pour le volet privé. Deuxièmement, la TDI peut couvrir les pertes d’exploitation en cas de blocage logistique politique. Troisièmement, pour les contrats à fort montant, des polices CONFISC ou des couvertures Cap Francexport peuvent sécuriser les acomptes et les actifs sur place. Notre guide sur les garanties à l’export détaille l’écosystème complet.
À propos de l’auteur : Jean-Georges NANOT
Jean-Georges NANOT est courtier-conseil et fondateur de CBE Consulting, cabinet de courtage en assurances internationales basé en France. Il accompagne les ETI françaises à activité internationale et les filiales étrangères en France dans la structuration de leurs programmes d’assurance, l’audit de leurs risques et le pilotage de leurs sinistres.
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À propos de cet article
Cet article a été rédigé par Jean-Georges NANOT pour vous apporter une vision experte sur le sujet traité. Les informations présentées sont d’ordre général et ne se substituent pas à un audit personnalisé. Chaque situation requiert une analyse spécifique de votre exposition aux risques. Pour une évaluation adaptée à votre entreprise, prenez contact avec nos équipes.
Cet article est mis à jour trimestriellement pour suivre l’évolution du contexte géopolitique. Dernière mise à jour : 13 mai 2026.
CBE Consulting, Cap de Bonne-Espérance Consulting, courtier d’assurances. ORIAS N° 15000172 Autorité de contrôle : ACPR, 4 place de Budapest, 75009 Paris.
Sources et références
- Allianz Risk Barometer, édition annuelle
- Lloyd’s Joint War Committee, Hull Listed Areas
- Quai d’Orsay, France Diplomatie, conseils aux voyageurs
- OFAC SDN List, Office of Foreign Assets Control
- Sanctions UE, règlements 833/2014 et suivants
- GAREAT, Gestion de l’Assurance et de la Réassurance des risques Attentats et actes de Terrorisme
- AMRAE, baromètre annuel du risk management
- Marsh, Political Risk Map
- AON, Political Risk Annual Report
- ACPR, autorité de contrôle prudentiel et de résolution
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